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(Conques et son abbatiale)

   Je ne suis jamais allé à Conques. Je ne vais pas tarder à y aller. J’ai très envie de découvrir ce village médiéval et son abbatiale. En attendant ce jour prochain, j’ai lu le petit dernier de l’auteur qui vient dont la première phrase commence par « La chambre numéro 14 de l’hôtel Sainte Foy à Conques… ». Ce n’est que le deuxième livre que je lis de cet auteur. Son style est époustouflant, en tout cas il m’époustoufle, comme dans « le très bas » bien que je ne le suive pas souvent dans sa pensée. Je la fais pourtant parfois mienne, comme quand il écrit « cette infection d’images que nous prenons pour la vie et qui nous la fait perdre ». « Une seconde suffit pour voir » et pourtant « les choses ne sont pas les choses. La pensée empêche de voir, c’est un loup aveugle ». Je ne sais plus alors si je puis encore me fier à ma pensée ou à la sienne, ou non, ou seulement de temps en temps et seulement à reculons, la seule vérité étant l’instant présent. Mais que faire alors de tous ces instants présents qui sont passés ? Il faut bien y penser de temps en temps. Ils nous obsèdent même souvent comme l’abbatiale de Conques a l’air d’obséder Christian Bobin.

Du temps passe - ou ne passe plus. Je dure pour durer, avec l’intuition qu’il ne faut surtout pas appeler à l’aide. Le secours vient de n’être plus espéré : un moineau se pose à mes pieds. Sa gaieté confiante me ranime.

Christian Bobin, La nuit du cœur, Gallimard.

 

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