Près de chez moi, il y a un étang avec des canards dedans et des renards en maraude qui s’intéressent de près aux canetons. Il y a aussi, un peu plus loin, le centre d’Emmaüs où l’Abbé Pierre a pris sa retraite et est enterré. Ne cherchez pas de rapport entre ces deux informations, il n’y en a pas. Dans ce coin tranquille perdu en rase campagne normande, je parle du site d’Emmaüs, ils ont une grande bibliothèque. J’y ai traîné il y a quelques semaines et en suis revenus avec quelques livres de poche choisis parmi des centaines que j’ai payé 1€ pièce. Je prie ma librairie favorite de m’en excuser, je ne recommencerai pas (souvent).

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(Abbé Pierre)

Parmi ces livres, j’ai choisi un roman chinois et un roman japonais. Le roman chinois est un roman olé olé. J’aime assez en général le rapport des écrivains chinois avec le sexe. Ils ne sont pas bridés par une religion monothéiste dont le rapport sexuel (pardon, le rapport au sexe) est quelque peu conflictuel et compliqué. Ils y vont franco comme dans « beaux seins et belles fesses » de Mo Yan que j’ai adoré et dont j’ai parlé dans ma chronique (nique) n°52.

Celui-ci me laisse un peu sur ma faim ou ma soif (de libido) et la traduction française me rend perplexe.

Cris et halètements promptement se modulèrent pour faire place à d’impudents gémissements, dont il était si réellement familier qu’il lui sembla la sentir couchée sous son propre corps. Torturé par cet insupportable supplice, il gravit quelques degrés conduisant au pavillon mais n’osa toutefois progresser davantage. Soudain, comme fauchés à la base par quelque objet, se turent les gémissements sans vergogne poussés par la demoiselle. Le visage ruisselant de larmes, Huaifu se mordit les lèvres et, sautant d’un bond en bas de l’escalier, il fila, preste comme le vent, dans sa chambre.

Ye Zhaoyan, La jeune maîtresse, Picquier poche, traduit du chinois par Nadine Perront

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