Perplexe après la lecture de cet essai, je le suis.

 

Shkodran-Mustafi

 

 

(Shkodran Mustafi)

À force de taper tout au long de son livre sur le même clou, l’auteur qui vient m’a laissé dans une zone grise. J’étais pourtant parti en trombe en le suivant, pour freiner des quatre fers vers la fin, après m’être accroché aux branches, car je ne prise guère l’abandon d’un livre en pleine page. J’avoue même avoir abandonné la lecture des vingt dernières pages, par lassitude, par perplexité, par overdose. Il faut reconnaître que le sujet est grave, complexe et glissant. Le fait que l’auteur soit psychanalyste a sans doute fini par me lasser ou m’embrouiller ou me donner la nausée. Mes synapses se sont closes les unes après les autres jusqu’au clap final avant les dernières lignes du combat, impossible de faire un pas de plus en sa compagnie. Car il s’agit bien d’un combat, celui en particulier de l’auteur pour faire entendre le vrai visage du terrorisme islamiste et la nature originelle de l’islam dans son Texte sacré. Essoré j’en suis sorti. Ce n’est pas tant que je sois en désaccord avec l’auteur sur le fond, c’est que, à force de s’y focaliser, on en oublie finalement la forme, savoir la masse (la somme des individus) des musulmans en France, qu’en est-il, qui sont-ils ? Et je suis bien placé pour m’en préoccuper. Tout le monde devrait s'en préoccuper. Je ne veux pas être dans le déni comme le martèle Daniel Sibony. Mais sans doute n’était-ce pas son propos, qui donne l’impression de ne s’adresser qu’aux responsables de l’État et du gouvernement.

Finalement, je retourne à son prologue :

Pourquoi serait-on exclu si on hérite d’une idéologie agressive ? Si l’islam contient des appels contre les autres, évoquer ce fait non seulement ne condamne pas les musulmans de ce pays, mais au contraire leur fait savoir que ce problème est partagé par ceux qui savent, c'est-à-dire par un grand nombre. (…) Cette origine, les musulmans n’ont fait qu’en hériter, ils ne l’ont pas eux-mêmes produite, tout dépend de ce qu’ils en font, et vu que l’épreuve est difficile, on pourrait plutôt leur témoigner  du soutien, de la bienveillance, de la compassion.

Daniel Sibony, Un amour radical, Croyance et identité, Odile Jacob

 

9782738144393