Dans sa sélection de livres (de poche) à lire pendant l’été, le quotidien Libération avait mis en avant « Fureur » de Chochana Boukhobza (folio). J’ai dit « Tais-toi » à mon petit doigt qui d’ailleurs était resté muet cette fois et je l’ai acheté. Pas seulement, puisque je l’ai lu en entier, c'est-à-dire jusqu’au bout, et pour être encore plus précis page après page. Il n’y a pas à dire, c’est bien écrit.

 

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Jamais, au grand jamais, je n’aurais écrit de chronique à propos de ce roman ! À vrai dire, il m’a tellement énervé que je ne puis m’empêcher d’en dire quand même deux mots. À moi, Chochana, deux mots ! Passons sur le cliché qui voudrait que tous les sportifs soient des crétins. D’ailleurs, le héros principal, celui qui parle à la première personne, est un sportif, raté notoire, qui ne peut rien faire d’autre que du sport, justement, c’est dire. Ce type a la particularité de rater tout ce qu’il entreprend dans le roman. Le vrai con demeuré que l’on découvre alors que sa petite amie vient de le plaquer. Il n’a même pas l’air de savoir pourquoi. Ça commence bien ! Et comme par hasard, fait incroyable, il est petit-fils de collabo (des Boches - sic). Entre parenthèses, ça fait des années-lumière que je n’avais plus lu cette dénomination (Boches) dans un roman qui n’est même pas historique. Pour ceux ou celles (peu vraisemblable) qui se seraient attachés à la personnalité de ce héros-zéro, je les rassure, il se sauve de sa connerie et de son horrible hérédité tout à la fin, comment ?, je vous le donne en mille, en entreprenant une psychanalyse, réussie elle ! C’est d’ailleurs la seule chose qu’il réussisse de tout le roman. On peut s’imaginer alors qu’il va repartir du bon pied. Formidable, non ? À part ça, les autres héros en sont de vrais, des vieux qui se souviennent de leurs faits de résistance contre l’ennemi nazi – les « Boches » (Boukhobza écrit pas mal sur les vieux), de vieux juifs qui sont aussi d’anciens résistants, de la shoah, encore la Shoah, du méchant Iran, ah ! le méchant Iran !, etc. Que du politiquement correct sur un ton on ne peut plus gnangnan. Moi aussi, figurez-vous, je suis pour les résistants et contre les collabos, moi non plus je n’oublierai jamais la Shoah, moi aussi je suis contre la théocratie iranienne (contre n’importe quelle théocratie d’ailleurs) et je n’ai pas besoin d’en avoir un petit bout de chaque dans une histoire à dormir debout tellement elle est manifestement construite pour faire passer les idées politiquement correctes de l’auteure. En ce qui concerne la Shoah, une nouvelle parenthèse, lisez plutôt l’incroyable livre « à pas aveugles de par le monde »de Leïb Rochman, superbement traduit du yiddish  -(voir chronique n°31).

 

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C’est vrai que je suis un vieux schnoque né juste après la guerre (la 2ème mondiale, faut pas exagérer), c’est donc presque mon histoire, étant né tout juste après, alors que l’auteure, dans un élan pédagogique désuet s’adresse selon toute vraisemblance à la génération actuelle qui a tendance à oublier ou ignorer tous ces évènements. Franchement, il y a vraiment peu de chance, à mon avis, que des jeunes lisent ce genre de roman. Le monde est ainsi fait. Les atrocités se reproduiront et se reproduisent même si le monde n’est pas obligé. Alors, pour faire actuel et mieux accrocher la jeune génération, Chochana Boukhobza a déposé une cerise sur ce gâteau tellement convenu qu’il en est indigeste, dans l’espoir de faire adhérer coûte que coûte le lecteur à toutes les idées reçues qu’elle a parsemées tout du long, il s’agit du danger que représentent les centrales nucléaires ! Alors là, mes enfants, c’est le seul auquel on croit, pas du tout grâce au roman, du tout, mais à cause de la réalité des évènements récents tout simplement. Bon ! D’accord, je voulais n’en dire que deux mots, mais je me suis emporté ! D’habitude, je ne parle jamais des livres que je n’ai pas aimés ou qui me sont tombés des mains. Je fais une exception parce que celui-ci m’a franchement énervé, merci Libé ! La prochaine fois, j’écouterai mon petit doigt.

 

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 Du coup, je n’ai pas de roman où céti que je peux raconter ma vie dedans. C’est navrant. Mais je peux toujours vous causer une deuxième fois de Ruwen Ogien. C’est tellement passionnant. Au fond,  il cause de notre vie quotidienne aussi. Le problème, c’est qu’à force de décortiquer, on se perd dans un amoncellement de tiroirs avec plein de concepts dedans dont on ne soupçonnait même pas la prégnance. Liberté, déterminisme, émotion, libéral individualiste, libéral social, toutes notions et bien d’autres encore qui encadrent notre vie sans qu’on sache ce qu’il en retourne vraiment ! À chaque nouvelle notion, je s’écrie « mais bon sang c’est bien sûr » et je suis prêt à y adhérer, jusqu’à ce que je découvre la suivante. J’exagère, car j'ai vite compris que je me suis déjà mis sans le savoir dans une case. Ce qui permet de découvrir les autres pour mieux les rejeter. Finalement, ça déniaise avant de voter, je ne pourrai plus m’excuser par des « ah mais je ne savais pas ! »

Je vais examiner, à présent, plusieurs questions dites de « société », dans le but de mettre en évidence le rôle politique rétrograde de l’idée de liberté positive. L’idée de liberté positive intervient dans la justification des inégalités économiques à travers les notions de « mérite » ou de « responsabilité individuelle ». Elle inspire la tendance à blâmer les plus défavorisés. Appuyée sur celle de « protection de l’identité des communautés nationales », elle s’insinue dans les pensées pour justifier les entraves à l’ouverture des frontières. Elle sert aussi à rejeter les revendications de libéralisation de l’encadrement de la vie, de la mort, de la sexualité.

 

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