Je me rends compte que je viens de finir un roman le jour du démarrage des JO de Rio ! Et alors me direz-vous ? Et bien ce roman parle du Brésil. Ce qui voudrait dire que mon petit doigt s’est laissé influencer par l’actualité en choisissant ce roman. Mais pas du tout, figurez-vous ! Et puis ça n’a aucune importance, franchement, d’autant que ce roman se passe au 16ème siècle dans la baie de Rio. Copacabana n’est encore qu’une plage entourée d’une jungle obscure peuplée d’Indiens nus et cannibales. Les joutes meurtrières se faisaient à l’arc et à l’épée, entrecoupées de bonnes rasades de tirs de canons. Là où débarquent des Français en pleine querelle de religion entre protestants et catholiques. Répétition éternelle des guerres de religions. Répétition éternelle de la colonisation et de la conquête. C’est ce que prétend Jean-Christophe Rufin dans son roman « Rouge Brésil », basé sur des faits historiques relatés dans des écrits de l'époque dûment conservés.

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Le plus étonnant dans cette histoire est qu’elle soit vraie. Non qu’elle paraisse invraisemblable (…), ce qui fait son étrangeté, c’est l’oubli quasi-total dans lequel est tombé cet épisode de l’histoire de France. (…) Ces six enfants arrachés à leur orphelinat pour servir d’interprètes au milieu des tribus indiennes me firent quitter d’un coup l’espace aseptisé de l’Histoire, les abstractions de la politique ou de la religion. Avec eux, venait la vie, la leur bien sûr, mais aussi la mienne et celle de tout être humain : qu’est-ce donc que ce grand drame qui clôt toujours l’enfance, sinon un embarquement forcé vers un monde effrayant dont on est sommé d’apprendre la langue ? (extrait de « à propos des sources de Rouge Brésil »)

Jean-Christophe Rufin, Rouge Brésil, folio. 

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