Il m’arrive d’écouter l’émission « Répliques » d’Alain Finkielkraut sur France Culture. Du moins en partie, quand ça m’intéresse et si je ne m’énerve pas. J’en ai écoutée deux (en partie) sur la fin juin, une sur le foot (Finkielkraut avoue que l’équipe de France le fait vibrer)

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(Mbappé - égalité - image eurosports)

mais aussi celle de la semaine précédente dont je veux parler, sur les banlieues. Ne dirait-on pas que les deux sujets sont liés. Après avoir lu l’un des deux livres dont « Répliques » avait invité les auteures, je ne suis plus certain que ce soit encore le cas aujourd’hui. J’ai l’impression que quelque chose est en train de changer (en profondeur ?) et cela ne m’a pas enthousiasmé, le moins que je puisse dire. À lire le reportage « la part du ghetto », je ne suis pas sûr que les banlieues vont encore « produire » des sportifs de haut niveau comme ceux de l’équipe championne du monde en Russie qui ont tous plus de vingt ans (à part Mbappé – égalité). Cette enquête rapporte l’évolution en ghetto, de certaines banlieues, où prédomine d’une part, une économie de trafic (drogue et prostitution) qui rapporte de l’argent facile en grande quantité et se développe d’autre part un enfermement dans des rites religieux liberticides. En dehors de cela, la mode des jeunes (garçons) serait le retour au pays des parents (pays musulmans) et l’obligation du mariage halal pour tous (détrôné Zidane). Il est vrai que les footballeurs stars gagnent des sommes folles mais ce n’est pas en l’occurrence de l’argent facile, c’est le fruit du talent doublé d’un parcours long et difficile, au départ duquel tout le monde est à égalité dans son « petit » club, et d’une maîtrise mentale qui frise la perfection. 80% des footballeurs de haut niveau du monde entier sont issus des classes populaires, il ne faudrait pas l’oublier. C’est une belle revanche pour ces jeunes ainsi qu’un objectif pour une société qui prône la méritocratie.

Dois-je les blâmer ? Les admirer ? Sûrement pas. J’ai joué dans ce cirque à leur âge mais surtout par nécessité. Quand on est jeune et qu’on veut profiter des mêmes plaisirs que tout le monde, il faut forcément des moyens. Et on les veut tout de suite. (…) Je n’ai pas jugé les jeunes de cette nouvelle génération. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir une sorte de nostalgie en les observant. De repenser à ma jeunesse où les matchs remplissaient nos journées. Tous les copains sur les bancs du terrain de football – Français, Portugais, Antillais, Africains, musulmans, juifs, bref un vrai métissage, une mixité disparue au profit d’un repli communautaire. « Ma » banlieue a perdu ses couleurs, sa richesse et sa joie de vivre ensemble. (…) Le travail de Manon m’a permis de mettre des mots sur un sentiment : ma haine du repli sur soi et ce désir, parfois nostalgique, de rester toujours ouvert sur l’autre. Avec, dans ma tête, toujours cette maxime : « Dans cette vie oublie que tu n’as aucune chance, fonce et sur un malentendu, ça passe. » (Malek alias Maximus)

Manon Quérouil-Bruneel et Malek Dehoune, La part du ghetto, (la vérité sur les banlieues), Fayard

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