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(Moïse et le buisson ardent - synagogue de Doura Europos - Wikipédia) 

Même si certains tweeters de gôche tentent avec leur petit briquet d’enflammer l’opinion, ils ne peuvent rien contre les lance-flammes de leur co-extrémité. Car ceux-ci en appellent à une certaine identité éternelle et religieuse de la FFraaaance, qui serait concurrencée (et jusqu’à menacée, figurez-vous) par une autre, anciennement soumise et colonisée. À les écouter, nous ne saurions plus qui nous sommes, savoir du lard ou du cochon. Une France éternelle ne peut se targuer que d’une identité éternelle. Depuis la Pucelle jusqu’à la tour Eiffel. Tous les comploteurs idéologiques du monde s’en mêlent et nous emmêlent les pinceaux. Nous sommes au bord de l’apocalypse mes enfants, prions ensemble une dernière fois notre dieu unique, celui de l’Amour, puis forniquons encore avec qui nous voulons pour peu que nous nous aimions, soit un être de la même ou même d’une autre religion, avant qu’on nous enjoigne de rejoindre le troupeau idéologique tricolorisé, bêlant un hymne national épuré apeuré. Moi qui tiens plutôt du mille-feuille, et encore, un mille-feuille aromatisé à toutes les crèmes du monde, tel un authentique cosmopolite pourtant culturellement bien Français et de la même veine religieuse ancestrale, je savoure la douceur de vivre tant qu’il est encore temps. Accrochons-nous solidement aux branches de la vie, mes biens chers frères mes bien chères sœurs, car c’est notre unique et essentiel héritage, face à tous les gredins de la mort annoncée par indigestion d’idéologie.

 

Le Buisson ArdentCAYQSA0R

 

Ensemble, écoutons donc la pluie tomber.

Tu faisais semblant de dormir, j’avais fait semblant de te croire et j’étais sortie. La plage était déserte, la mer d’un gris d’acier, calme et à marée basse. J’étais allée à sa rencontre, pieds nus, m’enfonçant dans des flaques qui se creusaient sous mon pas. Quelques vols de mouettes ou de cormorans rasaient le sol en silence. L’hiver se terminait, bientôt nous renoncerions à ces petites échappées pour ne pas nous retrouver enfouis dans une foule excitée par les premiers beaux jours. J’avais marché longtemps en direction du port. Je sentais dans tout mon corps quelque chose de chaud, quelque chose de vivant, et aussi l’odeur de nos draps qui me suivait malgré un vent froid me faisant frissonner. Je me souviens avoir pensé, Cet amour, il a résisté, il résiste à nos maladresses.  Quand je m’étais retournée, tu venais à ma rencontre. Nous étions allés manger des huîtres en place d’un petit déjeuner.

Michèle LESBRE, Écoute la pluie, Sabine Wespieser éditeur.

 

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 Un magnifique poème d'amour...un hymne à la vie...